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    Légende


    La sorcière du bois est passée cette nuit près des demeures au cœur du village. Elle est de retour sur les terres de nos campagnes. Elle cherche quelque chose. Son pèlerinage au pays des ombres est terminé. Son visage se cache dans l’ombre de son manteau et dans ses manches longues, des fioles de parfums envoûtants et de poison de belladone fulgurant, pour mourir avant d’être brûlée vive. On dit que sa beauté n’est visible qu’aux lueurs de la pleine lune et que sa voix ensorcelle jusqu’à vous guider vers les ténèbres. Sa peau est blanche et ses joues sont si pâles... Ses mains gantées de velours ne craignent ni la glace ni le feu. Certains l’ont aperçue aux premières lueurs de l’aube, sortant du cimetière et emportant avec elle des plantes cueillies sur le tombeau des défunts. On dit que le malheureux qui croise son regard s’en retrouve le sang glacé d’effroi, mais il fut doux autrefois. Les anciens racontent qu’elle enterra quelque part dans la lande, dans un coffret d’argent et de rubis, le cœur de son défunt amant, puis parti en quête du sortilège qui pourrait le ramener à la vie. Gardant sur elle l’élixir de longue vie, pour que sa jeunesse ne soit point altérée jusqu’à son retour du monde des fées. Hélas, elle revint bien avec le sortilège, mais la légende dit que lorsqu’elle posa genou à terre sur l’herbe tendre de la prairie, le coffret avait disparu. Des voleurs avaient déterré et emporté le précieux coffret couvert de pierres précieuses et abandonné le cœur de son aimé au milieu de nul part. Disparu à jamais. C’est depuis lors que la belle sorcière, éternellement jeune mais désespérément seule, erre depuis des années dans la lande, à la recherche de ce cœur perdu. Et parfois lorsqu’elle récite le sortilège ramené avec elle, une larme de sang perle au coin de sa paupière. Les voleurs moururent dès qu’ils dépensèrent le premier sou de leur funeste butin. Et c’est en brûlant les plantes de leur tombe que la sorcière cherche une réponse dans les volutes blanches de leur fumée. Mais plus rien ne lui parle car elle est morte depuis longtemps. Pourtant l’ombre de sa silhouette enveloppée d’une burine pourpre se glisse encore certains soirs le long des murs des maisons forçant les volets à se fermer d’eux même et pénétrant les songes de ceux qui ont oublié leur chandelle. ©


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